Billets 40 à 52

51. This is (not) the end – Apoptose

« I am the master of my fate,
I am the captain of my soul. »

Invictus – W. E. Henley

Tu me ronges, je te possède
Mon très cher ennemi intime
À cette union sans remède
Je dédie ces mauvaises rimes

Je t’invite pour un Tango
Mortellement engourdissant
Tes bras m’enserrent en étau
Pareil à des sables mouvants

Tu chaloupes depuis longtemps
Partenaire silencieux
Je n’ai rien vu pendant deux ans
Sourde aux signes et crottes d’yeux

Le Pasodoble du déni
Exécuté fougueusement
Battait le tempo de ma vie
L’imaginaire bien-portant

Pour endiguer l’envahisseur
Je persuaderai mes tripes
Je catéchiserai mon cœur
Et j’apprendrai à faire équipe

Avec Médecine Moderne
Professeur chamane gourou
Céto et autres balivernes
Mon animal totem chelou

Rejoins la Salsa du cancer
Bouge ton boule avec entrain
Quelle Macarena d’enfer
Suis le rythme, tape des mains

Je serai mauvaise joueuse
Et complètement déloyale
J’emploierai des ruses trompeuses
Les armes les plus improbables

Je m’appliquerai à y croire
Quoique ce mot fou veuille dire
Volonté mâtinée d’espoir
Pour durablement contenir

Voici la Lambada du crabe
Le Cha-cha-cha du carcinome
Désaccord en octosyllabes
Avec mon assassin binôme 

À nouveau ton armée viking
Lance un raid et pille mon corps
Le round deux sonne sur le ring
Je charge en mode warrior

L’anti-hormone c’est fini
Place à la thérapie ciblée
Quand je prends mon fix de junkie
Je tourne jusqu’à la nausée

Rave party oncologique
Balance ton corps en cadence
Lâche le contrôle en musique
Pour gagner la dernière danse

Sache qu’en guise d’épilogue
De notre petite guéguerre
J’enverrai valser l’oncologue
Pour voler la victoire amère

Du choix, de la décision 
De ce lieu et de ce comment
Je jouerai ma partition
Jusqu’à cet ultime moment

À la guinguette des zombies
Au bal masqué des rescapés
Profite bien de ton sursis
Avant de devoir saluer.

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