
42. Flat&Drive
« Où devons-nous aller, nous qui errons sur cette terre désolée, en quête du meilleur de nous-même ? »
Mad Max: Fury Road
Il y a des moments comme ça où on se sent crevé.
Voilà, j’ai atteint mon plat pays intérieur, et c’est morne plaine à perte de vue.
Après avoir passé 5 semaines à m’imaginer grimpante et sautillante, au finish je suis… rampante. Étendue façon flaque.
Comme un cycliste malheureux dont le pneu est à plat et qui se fait doubler par tout le peloton. Le podium lui échappe un peu plus avec chaque concurrent qui le dépasse sans un regard.
J’ai l’impression d’être dans la réserve, pas très loin de la panne sèche.
Une panne d’inspiration, d’idée, de motivation.
Dans cet état pas très agréable, je n’ai plus rien à sortir. La page blanche est l’expression consacrée.
Je me sens vidée. J’ai une dizaine de billets en attente, trois qui sont presque finalisés, et aucun ne me parait adéquat.
C’est un entre-deux bizarre, cette fin de radiothérapie. Au lieu du soulagement attendu, il me reste une peau rouge et douloureuse que je crème et surcrème, un état semi-léthargique dont je n’arrive pas à me débarrasser malgré mes ébrouements nerveux, et puis l’attente des tests à la rentrée.
Je suis fa-ti-guée. Fatiguée à en pleurer, tellement que je n’en dors plus. C’est un cercle vicieux et agaçant, et en plus je me claquerai à chouiner comme ça.
Trop d’effort de s’auto-frapper, flûte.
Les Trolls m’ont secouée répétitivement et m’ont maintenue, à force de marathons de films d’été, de master mind, de disputes et de câlins, je le leur ai bien rendu à coup de cahier de vacances, de missions quotidiennes et de bisous, et cette partie de moi a continué à fonctionner au carburant anthropophage de l’amour maternel.
Je me suis imposée le sauvetage du poisson rouge et le lasurage des volets pour me prouver que j’étais encore là, enfouie quelque part dans cette mélasse post radio. Des réalisations positives et nécessaires. Et puis mes dernières onces de motivation ont séché sur les volets avec la lasure anthracite, et j’ai laissé le chantier en plan.
Quand enfin il n’y a plus eu d’obligations, d’horaires et de rendez-vous, ma coquille urbaine et mécanique qui fonctionne en auto-pilote a ramassé tous ces morceaux flasques de moi-même sur le sol, et j’ai embarqué mes trolls qui piaffaient d’impatience, mon chien, et notre nécessaire de survie. On est parti.
Au bord des vacances, à un saut de courage et des heures de route. Rejoindre l’océan et les montagnes, ces infiniment géants qui ressourcent et donnent librement, où l’on peut puiser des forces, de l’énergie, des envies.
J’ai besoin de grosses vagues, de panoramas grandioses; j’ai besoin de grand, de très grand, d’un souffle d’exceptionnel pour décoller cette apathie gluante de mon petit moi recroquevillé.
J’ai des consignes de tout le monde: repos et détente.
Ok. Mon corps est 100% d’accord.
Mais le cordon cerveau-tripes est tendu comme un string et vibre nerveusement.
Quelque chose couve. J’ai l’aisselle qui pèle, je fais ma mue du nichon, peut-être de la maladie.
Je suis sur le point de tourner une page et elle me parait très lourde, sûrement la fatigue des rayons qui m’écrase.
Ma résolution est toujours là, taciturne. Mes stratégies, plans et manigances quand à eux sont en mode silencieux.
Le honey badger doit faire la sieste, ou il se tape un petit coma.
Il va falloir se relever, reprendre la route.
J’espère retrouver un vieux magazine de développement personnel chez mon beau-père qui offrira des réponses à mes questions existentielles, surtout:
et maintenant, quoi?


4 commentaires
Chelmi
Coucou, la chaleur met à bas (çà se dit ?) tout le monde, tu n’y échappes pas, tu es plus faibles que d’autres…. mais tu vas rebondir.
J'arrive dans 5 minutes
Cc, Chelmi, ouais, je suis en mode attente de rebond 🙂
biz
Tonpoto
» prend un mars et ça repart …ah ba non on est en août »
Quand tu seras à faire des jeux de mots aussi pourri que moi, là tu pourras dire que tu es bien à plat et non seulement tu été doublé par le peloton mais aussi par le dernier coureur qui avait été largué par le peloton !!
Tu avais prévenu : comme matt damon sur Mars, tu procède étape par étape. Après chaque étape : point de l’étape précédente et réflexions sur la suivante. Les coureurs cyclistes sur le tour de France c’est pareil : après leur journée d’étape, ils font le point et prépare la journée d’étape suivante. Comme toi, toujours en action/réflexions.
Et tu sais quoi ?. Sur le tour, ils mettent des journées de repos entre deux étapes. Sinon les coureurs n’arriveraient pas tous aux champs Elysées. Eh oui, c’est ça.tu es en journée de repos.je sais, t’as pas l’habitude mais tu peux dire à ton cerveau de se déconnecter un peu. Tu viens quand même de te taper une étape de montagne. Topless en plus. Eric te le dirait, même un ordi de temps en temps faut l’éteindre pour qu’il reste performant.
En attendant de savoir, si tu as fermé un petit peu ou beaucoup la gueule du crabe, profite juste de l’instant présent,(meme des petits moments, ce sont qu’on loupe en général) et recharge tes batteries sans te poser plus de questions. S’il le faut, monte sur la table et crie » O capitaine, mon capitaine »
Seulement après être requinquée, tu te posera les questions existentielles, de type « ou sont désormais mes sens de priorité ? Vers ou aller, comment, pourquoi…. » Je te connais tu réfléchis déjà à des questions de ce type mais ton cerveau est pas prêt. Alors lâche un peu le guidon et mange un mars 😊
J'arrive dans 5 minutes
Merci mon perceptif poto, tu as raison et tu me requinques, doublé gagnant! Merci beaucoup, de gros bisous