40-59,  Anciens billets

49. L’interrupteur est au sous-sol

 

 

 

 

« Quel est le parasite le plus résistant : une bactérie, un virus, un ver intestinal ?

 

… Une idée. »

 

Inception

 

 

 

 

Après plusieurs mois d’engagement dans deux thérapies chamano-coachées en parallèle, et malgré quelques actes manqués qui traduisaient mon relatif manque d’enthousiasme envers tout type de suivi psy (oui je vous pointe du doigt, oublis de rendez-vous et honteux retards, je ne suis pas dupe), j’étais assez contente du résultat.

J’avais bien incisé dans mon dedans, autopsié mes sentiments putréfiés et disséqué mes ancrages nocifs. Well done!

 

Il y avait de l’optimisme dans l’air, et ça sentait moins les émotions refoulées à l’intérieur (une odeur de moisi, pour info).

 

 

J’avais enfin sérieusement attaqué le chantier bien-être émotionnel et je travaillais à la refonte de mes pensées pour Cultiver des émotions positives.

D’une façon générale,  je pense que c’est en fait le travail d’une vie, de cultiver des pensées positives. Ce n’est pas quelque chose qu’on obtient un jour et qu’on peut garder avec soi par la suite. Nan, ça demande des efforts constants et réguliers, et j’y prêtre plus attention maintenant.

 

 

 

Mais au delà de cet accomplissement, j’avais un objectif un peu plus précis. Parce qu’être heureux et optimiste c’est chouette et tout et tout, mais si t’es mort ça ne sert pas à grand chose.

 

 

Alors idéalement il fallait intégrer la culture des pensées positives à mon plan « contenir le plus longtemps possible ».

Traduction: je devais croire que j’allais y arriver.

 

 

 

Il fallait y croire.

Croire.

Punaise, grosse grosse difficulté pour moi.

 

 

 

 

 

Mon cerveau, ma volonté, mon envie d’y croire étaient alignés, mais pas mes tripes.

C’était comme réciter une leçon que tu as apprise par cœur, à la différence de chanter ta propre composition.

 

 

 

Donc j’ai décidé qu’il fallait encore pousser, gratter un peu plus, et que je devais me persuader moi-même. Jusque dans mes tripes.

 

 

Alors j’ai bien réfléchi à comment y arriver, et je me suis dit que le mieux c’était de me prendre à revers. En traître. Avec une approche inédite.

 

Du coup je suis allée voir une hypnothérapeute. Parce que si la nana elle arrive à convaincre des gens d’arrêter de fumer, d’arrêter de manger du chocolat et du saucisson, elle pouvait aussi m’aider à arrêter de douter, nan?

 

Je n’en attendais pas forcément grand chose, mais bon je me suis promis de tout essayer pour contenir au mieux, et je n’étais plus à ça près.

 

 

 

L’hypnothérapeute m’a expliqué que la technique de l’hypnose ne fonctionne que si l’on a bien préparé le terrain auparavant, il faut vraiment être décidé. Ok, pas de soucis pour ça, rien ne me motive plus que survivre. Il fallait aussi que je prépare une phrase simple, en formulation positive, car ton cerveau sous hypnose ne comprend pas la négation.

 

Si tu lui dis « ne fume pas », lui il entend fume.

Si tu lui dis « arrête de manger », il entend manger.

 

C’est un peu simplet un cerveau sous hypnose, il faut l’imaginer comme si c’était Groot. Sympa, mais pas super évolué au niveau langage.

 

 

Alors je suis allée droit au but, et j’ai préparé une phrase très simple, en formulation ultra positive. Une phrase un peu choc, à laquelle je n’étais pas sûre de croire au niveau conscient, mais que diable!! Des fois je suis joueuse comme ça. Allez, j’allais me faire une petite blague à moi-même.

 

 

Je pensais la déposer à l’intérieur, comme un petit mot qu’on glisse sous la porte, ou la refiler à mon enfant intérieur, car justement on avait parlé de ça avec le médecin chamane. Alors si j’avais l’occasion de lui faire un petit coucou c’était plus cool.

 

 

Donc quand l’hypnothérapeute m’a indiqué que c’était le moment de me communiquer mon message à moi-même, je me suis visualisée avec ce petit mot comme prévu. Parce que j’étais bien bien consciente de tout ce qui se passait, en parfaite maîtrise de mon corps et de mes pensées, et en train de me dire que l’hypnose ça ne le faisait pas du tout pour moi.

Je n’étais pas réceptive. Prévisible.

 

 

 

Mais là il n’y a pas eu de porte, et il n’y a pas eu de bambin. Mon message était maintenant une boule, mon personnage enfantin une ombre, et on était au sous-sol. A l’étage le plus bas de moi-même.

Je lui ai donné la boule en lui répétant lentement la phrase, plusieurs fois, c’était important qu’elle la comprenne vraiment bien. Elle a pris l’espèce de boule de pétanque, qui s’est mise à briller de plus en plus fort. Et l’ombre s’est enflammée façon Torchman.

Ça a tout allumé.

 

 

Voilà, j’étais un peu bébête et désorientée, comme quand on sait qu’on rêve mais qu’on ne se réveille pas.

 

Puis j’ai suivi les indications de l’hypnothérapeute pour aller dans un endroit où je me sentais bien, histoire de faire comme un petit streching du cerveau Grootien pour clôturer la séance.

 

 

 

Ben finalement je crois que je suis réceptive à l’hypnose, parce que je me fabrique mes propres petits scénarios du tonnerre, mieux qu’une usine à rêves, et ça l’a carrément fait pour moi. J’avais l’impression de sentir le poids de la boule dans mon ventre, dans mes tripes à la fin de la séance.

Depuis j’ai refait quelques séances de consolidation, et l’hypnothérapeute m’a guidée pour faire de l’auto-hypnose à la maison tranquillou sur mon transat de jardin dites donc.

Il m’est arrivé de revoir mon ombre enflammée, certainement parce que j’en avais envie, et des fois d’autres choses que mon inconscient m’envoie en guise de récepteur.

 

 

 

Et je suis donc officiellement rentrée dans le club des illuminés avec ceux qui se sont fait enlever par des extra-terrestres, ceux qui ont vu Jésus, « ouais il est super sympa, on a pris un thé vert ensemble », et celles qui t’assurent que les crèmes amincissantes ça fonctionne.

Et bien si mon cerveau Grootien a choisi de communiquer avec moi par personnages bizarres interposés, je m’en fous et je suis hyper preneuse. Aux jaloux qui veulent leur propre Torchman: il/elle est à moi.

Mine.

 

 

 

En tout cas à partir de là, ce « il faut y croire, madame B. » que me lançait mon oncologue à chaque fin de rendez-vous et qui me laissait amère et dubitative prit un tout nouveau sens.

 

 

Car j’avais très littéralement planté une punaise de graine en moi.

Je m’étais inceptionnée.

Cette pousse de certitude s’est enracinée aussi vite et efficacement que du chiendent et de la cellulite au Nutella, et elle a si bien intégré le circuit cerveau-coeur-tripes que je ne sais plus vraiment si ma résolution vient d’en haut ou d’en bas.

 

 

 

Je ne crois pas en Dieu, en un être suprême, en la réincarnation, ou aux anges gardiens. J’aimerai bien, ça serait chouette et ça viendra peut être.

 

 

Mais je crois à l’auto-suggestion et à la détermination, je crois qu’il y a des bons moments aux bons endroits, même et surtout avec les avancées médicales et que ça peut me tomber dessus, je crois que dans tous les possibles et les univers à venir  la loi de Murphy n’est pas une fatalité, et punaise je crois en mes tripes.

 

 

Enfin, pour clôturer ce billet, j’invite tout le monde à regarder la vidéo suivante pour méditer sur la notion de foi et de croyance, et passer 3 minutes et 31 secondes d’émerveillement.

Il ne faut pas se fixer de limites.

Il faut vivre ses rêves.

Il faut oser.

Car si David Hasselhof a cru qu’il était un chanteur, il n’y a plus de limites à rien, n’est ce pas?

 

 

 

 

 

 

 

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